Billet 13: Gérer les émotions, pour la pérennité de l’entreprise familiale?

Publié le lundi 16 décembre 2019 par Sylvie Huard dans la catégorie Familles en affaires: Gestion des émotions, Gestion des conflits, Harmonie au travail

Voulez-vous que je lise ce billet pour vous?

Pour plusieurs, les émotions n’ont pas leur place en affaires. Or, à travers les billets de blogue de la série Familles en affaires : gestion des émotions, on a pu voir à quel point les émotions s’avèrent une source d’émotions riche qu’on néglige.

« Pour juger un homme, au moins faut-il être dans le secret de ses pensées, de ses malheurs, de ses émotions. Ne vouloir connaître que l’homme et les événements c’est de la chronologie ».
La peau de chagrin, Honoré de Balzac

Selon Cailluet, Bernhard et Labaki, la particularité des familles en affaires réside dans la rencontre de deux dynamiques émotionnelles : celle de la famille et celle de l’entreprise. Cette double dynamique, qui a été très peu étudiée, crée un double défi en ce qui a trait à la gestion des émotions.

L’histoire générationnelle qui sous-tend toute famille en affaires est animée par l’accumulation des émotions au fil des ans. Or, toute famille qui prend le temps de décortiquer l’histoire générationnelle qui sous-tend leur dynamique de famille en affaires accroît leur connaissance de soi et leur réflexivité, deux facteurs bénéfiques pour le développement d’un leadership sain et d’un processus de transfert harmonieux.

 

Démystifier le rôle des émotions en affaires

Nous l’avons vu, besoins et émotions sont étroitement liés. En fait, si on laisse de côté les émotions en affaires, on laisse dans le noir les besoins des individus, de la famille et de l’entreprise. Le défi réside dès lors dans la recherche d’un équilibre entre ces émotions et ces besoins tout en ne les confondant pas.

Si les besoins et les émotions sont liés tout en étant distincts, il s’avère important de ne pas confondre émotion et faux-sentiment. En vous introspectant afin de connaître les émotions qui vous habitent, vous serez peut-être tentés d’accuser l’autre d’avoir fait jaillir en vous des émotions négatives. Éviter les faux-sentiments, c’est donc parler au «je» et cesser de remettre la faute sur l’autre afin de rétablir la communication et d’éviter de propager les conflits.

Or, comme Brené Brown l’a si bien démontré, les conflits, quand ils sont bien utilisés, permettent de réellement connecter avec l’autre. Or, cette connexion demande de laisser derrière soi les non-dits et de s’exprimer librement en faisant preuve à la fois de vulnérabilité et de curiosité.

 

Des outils pour mieux se connaître

Pour être en mesure de bien exprimer ses émotions, deux outils s’avèrent particulièrement utiles : le thermomètre de la connaissance de soi — selon lequel plus il y a de non-dits, plus il y a d’émotions négatives et plus il y a de conflits — et la roue des émotions — qui permet de nommer avec précision l’émotion qui nous habite afin d’être en mesure de verbaliser les non-dits.

Ces deux outils sont essentiels, puisqu’ils font voir à celui qui les utilise que la connaissance de soi et la compréhension de l’autre permettent aux membres d’une famille en affaires de ne pas envenimer les conflits qui les déchirent.

Le thermomètre de la connaissance de soi et la roue des émotions s’avèrent également très utiles lorsque vient le temps, pour les cédants, de nommer leur intuition, qui est une addition de leurs émotions et de leur expérience. En prenant le temps de nommer cette intuition, les cédants peuvent non seulement améliorer la communication avec les repreneurs, mais également éviter bien des conflits.

 

La source émotionnelle des conflits

Si les non-dits sont l’une des principales sources de conflits dans les entreprises familiales, l’intention en est une autre. D’après mon expérience, les membres d’une famille en affaires sont toujours bien intentionnés. Seulement, il arrive qu’un membre de la famille prête à un autre, inconsciemment, de mauvaises intentions, ce qui les empêche d’aborder des questions plus délicates. Dans ce cas, on peut bien souvent désamorcer un conflit et rétablir la communication en prenant le temps de se rappeler que l’autre est bien intentionné.

Prendre le temps de remettre la situation dans son contexte est aussi primordial si l’on veut éviter les conflits non constructifs. Les écarts textuels, qu’ils soient d’ordre générationnel, cultuel ou même géographique, suffisent à brouiller la communication entre deux membres qui, bien souvent, veulent en réalité la même chose : le succès de l’entreprise.

L’humilité doit également être cultivée au sein d’une famille en affaires, puisque l’absence d’humilité engendre un manque de communication qui complique la cohabitation entre les générations et le processus de transfert. À l’inverse, une personne humble devant quelqu’un qui manque cruellement d’humilité risque de se faire avaler et de tolérer l’intolérable.

 

L’expression des besoins et des émotions pour atteindre l’harmonie

Si les relayeurs doivent faire preuve d’humilité et se doter d’outils pour communiquer leur intuition, les repreneurs doivent les écouter sans jugement et les aider à verbaliser leurs besoins afin d’amorcer un changement positif dans la dynamique familiale.

Toutefois, ce genre d’échanges ne peut pas se faire entre deux réunions, sur le coin d’une table. Nous l’avons vu, il est crucial d’instaurer un climat propice pour communiquer en planifiant des rencontres. Ces rencontres permettront non seulement au repreneur d’éviter de perdre tous ses moyens devant le cédant, mais elles permettront aussi au cédant d’accueillir les remarques du repreneur avec attention et bienveillance.

 

Bref, cette série m’a permis de vous partager une multitude d’outils afin de mieux gérer vos émotions pour qu’elles se transforment en un moteur d’innovation. Je suis convaincue qu’en utilisant souvent ces différents outils dans votre quotidien au travail, vous serez en mesure de générer des conflits constructifs et des discussions riches.

Dans la prochaine série, La confiance : L’art des familles en affaires, je me servirai de l’ouvrage de Stephen M. R. Covey, Le pouvoir de la confiance, afin de définir la confiance qui anime les entreprises familiales. Nous verrons que cette confiance peut s’avérer une grande force comme un grand défi pour les entreprises familiales. Cette force tient du fait que la confiance est déjà présente dans les familles en affaires puisque chaque membre se connaît et a appris à se faire confiance à l’extérieur du travail. Or, quand la confiance s’effrite au sein de la famille, tout peut rapidement basculer.

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Vous trouvez ci-dessous la liste complète des articles de la série Gestion des Émotions :


Puisque la gestion des émotions en affaires est un facteur clé dans l’atteinte d’une complicité entre les générations, je vous invite à consulter ma série qui aborde les défis que représente la cohabitation de plusieurs générations au sein d’une entreprise familiale.

Sylvie Huard

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