Billet 2: Comment éviter le piège du faux-sentiment

Publié le lundi 4 mars 2019 par Sylvie Huard dans la catégorie Familles en affaires: Gestion des émotions, Gestion des conflits, Harmonie au travail

Voulez-vous que je lise ce billet pour vous?

Croyez-vous que les émotions, lorsqu’elles sont verbalisées, ne peuvent qu’être une source de conflit au sein d’une famille en affaires ? Avez-vous de la difficulté à différencier les sentiments qui vous habitent et ceux qui naissent de votre seule perception lors d’une réunion ou d’un simple échange entre collègues ? Si c’est le cas, ce billet de blogue est pour vous.

« Il y a trois versions à une histoire : la vôtre… la mienne… et celle qui est vraie. Personne ne ment »
– Robert Evans

Comme nous l’avons vu dans le dernier billet de blogue, il peut s’avérer difficile de faire une place aux émotions en affaires, même si elles nous éclairent sur nos besoins. On pense souvent à tort qu’une fois exprimés, les sentiments ne feront qu’alimenter le conflit. Or, il n’en est rien.

Pour connecter et, par le fait même, assurer l’harmonie et la pérennité des organisations, il faut avoir confiance en l’autre et diminuer les non-dits. En exprimant nos émotions, nous contribuons à diminuer ces non-dits. Or, avant d’être en mesure d’exprimer ses émotions, il faut s’introspecter, identifier les sentiments qui nous habitent.

Pour bien comprendre une situation – la source d’un conflit, d’une incompréhension, etc. – il faut comprendre les irritants et l’émotion qui se cache derrière la perception qu’on a de cette situation, et ce, sans tomber dans les faux-sentiments. Or, quand on commence à explorer les émotions, quand on commence à vouloir verbaliser ses sentiments, ce sont souvent ces faux-sentiments qui sortent en premier.

 

Qu’est-ce qu’un faux-sentiment, me demanderez-vous ?

Un faux-sentiment remet la faute sur l’autre. Par exemple, dans un conflit, on a souvent tendance à voir ce qui, dans l’autre, nous dérange.

Si vous dites à quelqu’un : « je me sens dévalorisé », ce que vous lui dites, en réalité, c’est que vous n’avez pas l’impression qu’il ou elle vous valorise. Quand un faux-sentiment vous habite, questionnez-vous. Pourquoi, émotionnellement parlant, remettez-vous la faute sur l’autre ? Pourquoi vous sentez-vous dévalorisé ? Est-ce :

  • parce que vous ne vous reconnaissez pas vous-même comme quelqu’un qui en vaut la peine ?
  • parce que vous avez un besoin de rétroaction qui n’est pas comblé ?
  • parce que vous avez besoin d’attention, besoin de passer du temps avec l’autre?
  • parce que vous avez l’impression que l’autre utilise un ton désagréable et que vous vous l’appropriiez (alors que l’autre aurait peut-être simplement eu une mauvaise journée)?
  • parce que vous prenez tout personnel ?
  • parce que vous avez besoin d’affection, de protection ?
  • parce que vous souhaitez être encouragé davantage ?

Autrement dit, quand vous prenez le temps de vous introspecter, un faux-sentiment peut vous faire découvrir un besoin enfoui. Il s’agit simplement de ne pas verbaliser ce faux-sentiment, qui ne fera qu’alimenter le conflit.

Allez plutôt puiser dans la liste des sentiments que j’ai mis à votre disposition. Dès que vous aurez compris l’émotion générée par la situation (le conflit), vous pourrez commencer à parler au « je » et cesser de remettre la faute sur l’autre. Dès lors, la communication sera rétablie, l’incompréhension diminuera et l’autre pourra comprendre ce qu’il a pu créer en vous, émotion qui s’éloigne souvent de son intention.

 

Bref, quand on a compris qu’on ne doit pas renier les émotions parce qu’elles nous aident à cerner nos besoins, on doit s’attarder à bien les identifier sans tomber dans le piège des faux-sentiments. En tombant dans ce piège, on risque d’abandonner l’introspection nécessaire à l’identification de nos besoins, travail nécessaire pour atteindre le bonheur. En verbalisant de faux-sentiments, on propage le conflit au lieu de l’utiliser.

 

Dans le prochain billet de blogue, nous verrons qu’il existe deux ingrédients magiques pour utiliser le conflit afin qu’il devienne une source de créativité et d’innovation.

 

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Sylvie Huard

Je travaille avec des gens qui souhaitent un changement significatif et durable dans leur organisation et pour qui le bonheur au travail est prioritaire. Ensemble, nous quittons brièvement le chaos du quotidien pour créer un environnement contrôlé. Avec un recul sur la situation, des possibles apparaissent.
Animée par le désir d'humaniser le monde des affaires, je suis toujours en quête des meilleures pratiques d'affaires à travers chercheurs et praticiens de partout dans le monde. Ma passion pour l'entreprise familiale m'a menée à devenir membre du sélect Psychodynamic in Family Business (PDFB).
Sylvie Huard
bac psy., MBA, ACFBA Advanced Certificate Family Business Advising
"Mieux se comprendre, pour avancer avec sens et puissance ensemble."
Sylvie Huard

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