Billet 10: Un outil pour communiquer ses besoins

Publié le lundi 7 octobre 2019 par Sylvie Huard dans la catégorie Familles en affaires: Gestion des émotions, Gestion des conflits, Harmonie au travail

Voulez-vous que je lise ce billet pour vous?

Avez-vous de la difficulté à exprimer vos besoins ? Sentez-vous qu’un gouffre se creuse entre vous et vos enfants au sein de l’entreprise familiale ? Si c’est le cas, ce billet de blogue est pour vous.

Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendrez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez comprendre et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre, mais essayons quand même.
– Bernard Werber

Les cédants ont souvent peur de verbaliser ce dont ils ont besoin. Ces derniers ont appris à travailler dur, mais ils n’ont pas appris à parler. Or, avec la génération d’aujourd’hui, communiquer n’est plus facultatif. Il s’avère donc primordial d’écouter les relayeurs, et ce, sans leur prêter de mauvaises intentions, pour amorcer un changement positif dans la dynamique familiale.

« Si vous êtes tannés du gâteau au citron, arrêtez de mettre du citron dedans. »

J’ai dû prononcer cette phrase au moins des dizaines de fois. Vous vous demanderez peut-être quel est le rapport entre un gâteau au citron et une famille en affaires. C’est assez simple.

Prenez une famille en affaires. Tous les membres de la famille sont convaincus que la dynamique familiale ne fonctionne pas, mais personne n’ose parler ou changer quoi que ce soit. Or, comment se sortir d’une recette de gâteau au citron sans changer les ingrédients ?

Attention : il ne s’agit pas ici de demander à quelqu’un de changer. Les familles croient souvent qu’une seule personne, différente des autres, est à l’origine du problème. En réalité, on ne peut pas blâmer une seule personne pour le mauvais fonctionnement d’une dynamique familiale. Il ne s’agit donc pas ici de dire à quelqu’un de changer, mais plutôt de changer soi-même quelque chose.

Ce n’est pas facile, j’en conviens, d’autant plus qu’un tel changement est irréalisable sans communication. En effet, l’instauration d’une bonne dynamique familiale n’est possible que si chacun des membres sait exprimer ses besoins.

Trop souvent, les cédants ne possèdent pas les bons outils pour verbaliser leurs besoins. Quand ils tentent de le faire, leur pensée se retrouve déformée par des mots mal choisis, et ils regrettent bien vite d’avoir parlé. Se taire n’est toutefois pas une option viable, puisque le silence ne fera que creuser davantage le gouffre entre les cédants et la relève.

Ne pas verbaliser ses besoins enlève donc toutes les chances à une famille d’être bien ensemble. Si vous décidez toutefois d’essayer de les nommer, voici ce qu’il est important de se rappeler :

  • Nommez d’abord votre émotion face à la situation. La roue des émotions s’avère très utile pour cette étape. Identifiez l’émotion qui vous habite en partant du centre de la roue, puis préciser peu à peu la nature de ce sentiment à l’aide des sous-catégories de la roue.
  • Nommez ensuite votre besoin en lien avec cette émotion. Ici, fiez-vous à la roue des besoins pour définir votre besoin avec précision. Le principe est sensiblement le même : servez-vous de la roue pour identifier avec précision le besoin qui vous habite, ici et maintenant, en progressant dans les sous-catégories que la roue vous offre. Ce travail d’identification en deux temps vous permettra de mieux comprendre les besoins qui sous-tendent vos émotions parfois difficiles à décoder.
  • Remettez-vous en question: Est-ce que ce le message que je transmets est vrai, utile et rempli de bonté ? Ai-je bien fait comprendre mes intentions ?
  • Demandez à l’autre ce qu’il a compris. Trop souvent, une mauvaise interprétation de la part de celui qui reçoit le message ou une mauvaise formulation de la part de celui qui le transmet peut brouiller les cartes. Si vous vous apercevez que ce que l’autre reformule ne correspond pas du tout à ce que vous souhaitiez exprimer, il serait judicieux de relancer le dialogue.
  • En cas de besoin, reformuler votre propos. Si vous n’arrivez pas à trouver les bons mots pour vous faire comprendre, vous pouvez aussi demander à l’autre de vous donner du temps pour continuer à raffiner votre message. Parfois, les bons mots ne surgissent qu’après-coup, une fois la poussière retombée.

Il est également possible, pour la relève, d’aider les relayeurs à exprimer leurs besoins. Le plus important est sans aucun doute de les écouter sans leur prêter de mauvaises intentions. Ils seront maladroits au début, ils s’exprimeront mal, sans doute, alors reformuler à voix haute ce qu’ils tentent de vous dire. Cette rétroaction leur permettra de réajuster leurs propos au besoin.

C’est tout à fait normal d’avoir de la difficulté à s’exprimer au début. Les premières fois ne sont jamais faciles. Souvenez-vous de la première fois que vous êtes montés à vélo. Vous êtes probablement tombés, vous vous êtes peut-être fait mal. Mais vous avez persévéré, pour vous dépasser et pour faire partie de la gang.

Les mots ne viendront sûrement pas facilement quand vous essaierez d’exprimer vos besoins les premières fois, mais il faut persévérer, sans quoi rien ne change.

Il faut dire que la communication est très difficile à établir sans d’abord créer un climat propice aux échanges. C’est ce que nous aborderons dans le prochain billet de blogue.

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Puisque la gestion des émotions en affaires est un facteur clé dans l’atteinte d’une complicité entre les générations, je vous invite à consulter ma série qui aborde les défis que représente la cohabitation de plusieurs générations au sein d’une entreprise familiale.

Sylvie Huard

Je travaille avec des gens qui souhaitent un changement significatif et durable dans leur organisation et pour qui le bonheur au travail est prioritaire. Ensemble, nous quittons brièvement le chaos du quotidien pour créer un environnement contrôlé. Avec un recul sur la situation, des possibles apparaissent.
Animée par le désir d'humaniser le monde des affaires, je suis toujours en quête des meilleures pratiques d'affaires à travers chercheurs et praticiens de partout dans le monde. Ma passion pour l'entreprise familiale m'a menée à devenir membre du sélect Psychodynamic in Family Business (PDFB).
Sylvie Huard
bac psy., MBA, ACFBA Advanced Certificate Family Business Advising
"Mieux se comprendre, pour avancer avec sens et puissance ensemble."
Sylvie Huard

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