Échos d’outre-mer : comment les Européens vivent-ils leurs relèves?

Publié le lundi 27 septembre 2011 par Sylvie Huard dans la catégorie Relève d'entreprise, Relève familiale

Ce n’est pas tous les jours que l’on peut être immergé dans un groupe multidisciplinaire pour approfondir des questions qui nous passionnent, n’est-ce pas? Et encore moins quand ça se passe de l’autre côté de l’océan! C’est pourtant l’expérience que j’ai eu le bonheur de vivre au début de l’été lors d’un événement organisé par le Transeo, le premier forum européen sur la transmission des PME.

Laissez-moi d’abord vous présenter l’organisation à travers les mots de Marie Depelssemaker,  gestionnaire chez Transeo (ou « account manager » comme ils le disent en France!) : « Le point de départ de Transeo, c’est d’abord le constat qu’il n’y avait pas assez de collaboration entre le privé, le public et l’académique en matière de transmission de PME. Or, il est intéressant de pouvoir réunir ces trois secteurs qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble. Par ailleurs, un tel réseau à l’échelle européenne n’existait pas auparavant. »1

Il est également important de vous donner l’ordre de grandeur du défi européen. Selon les estimations,  jusqu’à 690 000 entreprises, pour la plupart des PME, devront chaque année être transmises à de nouveaux propriétaires au cours des dix ans à venir en Europe2. Cela représente 2,8 millions d’emplois. Ces chiffres étant astronomiques, ils ont décidé de s’organiser.

Les rencontres et discussions auxquelles j’ai eu l’occasion de participer lors de cette visite constituent une expérience culturelle extrêmement riche. C’est donc dans un esprit de partage que je vous résume ici les éléments clés de l’événement.

Découvrir nos points communs

Voir à quel degré nous vivons les mêmes défis est, somme toute, rassurant. D’une part, cela permet de réaliser que l’humain est humain (où qu’il habite sur Terre) et, d’autre part, cela nous donne la chance de partager des solutions.

Un des problèmes identifiés par Transeo est le manque de planification. Comme ici, rares sont les entreprises françaises, belges ou anglaises qui s’y prennent à l’avance. Il faut entre 5 et 12 ans pour concrétiser un transfert une fois le repreneur choisi. Ce n’est pas un petit projet! Il s’avère donc nécessaire de sensibiliser les cédants sur cet aspect.

Dans une démarche très rigoureuse, les intervenants ont également réussi à identifier des facteurs de réussite en relève :

  • Un bon jumelage entre le cédant et le repreneur
  • La capacité de réaliser une transaction gagnant-gagnant
  • L’envie de construire quelque chose ensemble
  • La volonté de se faire accompagner
  • Des attentes réalistes par rapport aux revenus et salaires
  • Un repreneur taillé pour le poste, compétent et motivé

Dans cette liste où tout me parle, il est surprenant de voir autant de similitudes entre nos défis et les leurs. Même si le contexte de transmission d’entreprises est différent en Europe, Transeo a su me convaincre de sa pertinence et de la profondeur de ses travaux. Les échanges avec les professionnels de tous les horizons m’ont permis de consolider certaines visions de la relève et d’en découvrir de nouvelles. Je n’en démordrai pas, c’est un sujet passionnant!

Ce que Transeo peut nous apprendre

Au-delà de la richesse des échanges vécus là-bas, je suis revenue au pays éblouie et fascinée par leur désir de comprendre. Décider de mettre sur pied une organisation à la grandeur du continent, se doter d’une structure solide, créer des événements et surtout (surtout!) mélanger les expertises et investir pour saisir en entier le défi de la relève, tout cela est exceptionnel. La rigueur avec laquelle ils traitent la question devrait nous faire réfléchir… Déjà, en près de deux ans d’existence, Transeo a produit quatre études et diffusé les résultats aux membres et intervenants du milieu. Quel leadership et quelle détermination!

Une petite fleur

Ma plus belle surprise a été de constater à quel point nous sommes reconnus ici, au Québec, pour nos forces en ressources humaines. On le sait tous, en Europe persiste une vision très hiérarchisée du monde du travail. De notre côté de l’Atlantique, l’aspect humain l’emporte sur la structure et ce n’est qu’en étant confronté à un modèle différent que l’on peut en prendre pleinement conscience. Misons sur cette force qui est la nôtre et travaillons ensemble pour mieux préparer nos relèves!

Pour la suite, je vous donne rendez-vous le 18 octobre, sur ce blogue, alors que je serai en Belgique pour la prochaine rencontre du forum Transeo.

Mise à jour au 12 mars 2012 : L’article a été mentionné dans le blogue de l’émission Génératrice à la radio de Radio-Canada en janvier. Les plus curieux écouteront l’entrevue de 5 minutes avec Marie Depelssemaker, chargée de compte chez Transeo.

1 : Lire l’article au complet à partir de ce lien.

2 : Donnée de 2006 de la Commission européenne.

Sylvie Huard

Sylvie Huard

Je travaille avec des gens qui souhaitent un changement significatif et durable dans leur organisation et pour qui le bonheur au travail est prioritaire. Ensemble, nous quittons brièvement le chaos du quotidien pour créer un environnement contrôlé. Avec un recul sur la situation, des possibles apparaissent.
Animée par le désir d'humaniser le monde des affaires, je suis toujours en quête des meilleures pratiques d'affaires à travers chercheurs et praticiens de partout dans le monde. Ma passion pour l'entreprise familiale m'a menée à devenir membre du sélect Psychodynamic in Family Business (PDFB).
Sylvie Huard
bac psy., MBA, ACFBA Advanced Certificate Family Business Advising
"Mieux se comprendre, pour avancer avec sens et puissance ensemble."
Sylvie Huard

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